Musiques du grenier

Dalida, des mots et des maux

Dalida

Adulée par certains, comme la communauté gay à laquelle l’artiste a rapidement apporté son soutien, décriée par d’autres, Dalida a cependant su porter le titre d’icône de la chanson française tout au long de sa carrière. Depuis son arrivée d’Égypte à Paris en 1954 jusqu’à son suicide en 1987 dans son tristement célèbre domicile situé au 11 Bis Rue d’Orchampt, à Montmartre, ce sont plus de 700 titres que la chanteuse a interprétés. Des chansons dans de nombreuses langues comme le français, l’italien ou même le japonais et l’arabe. Outre ses succès, la vie de Iolanda Gigliotti a été marquée par plusieurs histoires d’amour dont certains titres témoignent de leur tragique issue. Cinému vous raconte.

La future vedette arrive en France après l’élection de Miss Égypte en 1954. Elle est repérée en 1956 par Bruno Coquatrix, alors directeur de l’Olympia, Eddy Barclay, qui a importé la technique du microsillon en France, et Lucien Morisse, qui dirige les programmes d’Europe 1. Ce dernier la prend alors sous son aile et bombarde les ondes des œuvres de sa protégée. Nous pouvons citer Bambino, une reprise de la chanson transalpine Guaglione, qui a par ailleurs lancé sa carrière la hissant à la tête du Hit Parade pendant plusieurs semaines.

Parallèlement à son rôle de mentor, le patron d’Europe 1 va entamer une liaison extraconjugale de 5 ans avec l’artiste. Ils finiront par se marier et par divorcer rapidement, en 1961, gageant que ce mariage était davantage un acte de reconnaissance que d’amour.

Comme évoqué précédemment, les premiers succès de Dalida, comme Gondolier, Romantica ou Ciao Ciao Bambina, illustrent l’attachement à ses racines italiennes et une certaine affection pour ce pays. L’artiste participe d’ailleurs au célèbre Festival de Sanremo en 1967, avec son amour de l’époque Luigi Tenco, profitant lui aussi d’une notoriété tangible en Italie.

 

Créé en 1951, l’événement demeure jusqu’à aujourd’hui dans la ville éponyme. Son importance croît durant les années 60 où de nombreux tubes y voient le jour. Volare, Ciao Ciao Bambina en 1959 ou Io que non vivo senza te en 1965, reprise par Dusty Springfield et Elvis Presley sous le titre You don’t have to say you love me. Les gagnants annuels s’assurent alors la reconnaissance sur la scène internationale.

Comme il en est d’usage à l’époque, le titre proposé doit être successivement chanté par deux artistes. Dalida insiste auprès de Tenco afin d’interpréter un titre qu’il a récemment écrit, Ciao amore Ciao. Malgré un succès notable, particulièrement en France et en Italie, le compositeur n’apprécie pas la chanson. C’est donc à contrecœur qu’il décide de participer à la compétition.

 

N’arrivant qu’à la 7è position, la chanson n’est pas retenue par le jury. Luigi Tenco n’accepte pas cet échec et dénonce l’organisation d’un festival qu’il considère comme truqué. Quelques heures après, l’artiste se donne la mort dans la suite de son hôtel. Sombre ironie du sort, puisqu’après avoir insisté pour participer à l’événement, c’est Dalida qui découvre le corps sans vie de son compagnon. Dévastée, la Française tente par la suite de mettre fin à ses jours à son tour. Après plusieurs jours dans le coma et quelques mois en convalescence, elle sera à jamais marquée par la disparition de l’amour de sa vie. Ciao amore ciao marquera tristement cette perte dont elle ne remettra jamais vraiment.

Mais 1967 n’a malheureusement pas dit son dernier mot pour la chanteuse. En effet, quelque temps après, Dalida rencontre un jeune étudiant italien de 22 ans, Lucio. Conscients que cette idylle n’est pas conventionnelle, les amants décident de rompre rapidement. Cependant, Iolanda tombe enceinte. Elle décide alors d’avorter secrètement en Italie, l’intervention étant interdite en France, et devient par la suite stérile. Un autre lien entre les tragédies de sa vie et ses musiques va alors se tisser. Son ami, Pascal Sevran, compose en 1973 un nouveau titre qui entre tristement en résonance avec le drame qu’elle a vécu quelques années auparavant : Il venait d’avoir 18 ans. En parallèle, la chanson rencontre un succès international retentissant, tandis qu’elle prend racine dans l’un des plus grands drames de sa vie.

 

Enfin, en 1970, la chanteuse apprend la mort de son mentor et ex-mari Lucien Morisse, avec qui elle a gardé des relations amicales. Un drame qui l’affecte particulièrement, d’autant qu’il se produit seulement 3 ans après la terrible année 67 et que l’homme a été l’un des artisans de son ascension et de son succès. Une lente descente aux enfers s’opère jusque 1987 avec sa seconde tentative de suicide, qui lui est fatale. Celle qui voulait, en 1983, Mourir sur scène, décède seule, chez elle, en laissant ce mot :

« La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi. »

À propos Grégory

« La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée ». Si déjà Platon en parlait ainsi, c’est que son importance pour l’Être Humain n’est plus à prouver. Tout le monde a par ailleurs déjà fait l’expérience de la musique dans sa vie. Elle accompagne la plupart de moments, qu’ils soient heureux ou pas, comblant nos périodes d’ennui comme de créativité les plus intenses. Durant mes études d’architecture, j’en ai moi-même fait l’expérience, et les nombreuses nuits passées au chevet de mes projets ont très souvent été accompagnées par la musique. De plus, avec la tendance des vinyles qui revient sur le devant de la scène, il me semblait intéressant de partager avec vous certaines anecdotes de ces aubades sorties depuis peu de nos greniers. Régalez-vous !

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