Musiques du grenier

Serge Gainsbourg ou la culture à l’état pur

Gainsbourg

Nombreux sont ceux qui connaissent l’auteur-compositeur-interprète sous l’image d’un homme provocateur et colosse de la chanson française. Derrière des titres aussi connus que Le poinçonneur des Lilas, la Javanaise ou Je t’aime… moi non plus, Lucien Ginsburg de son vrai nom, a aussi écrit plusieurs titres particuliers.

En effet, non moins célèbres, quelques-uns de ses succès prennent racine dans de fameux airs de musique classique. Le génie de l’artiste réside alors dans le fait de jouer avec l’instrumentalisation et le tempo de la mélodie originelle afin de n’en garder que l’essence et de se l’approprier pour en faire une chanson collant à son époque. Nous pourrions tout d’abord citer My Lady Heroïne, l’un des tout premiers titres sulfureux de Serge Gainsbourg, inspiré de la partition d’Albert Ketelbey intitulée Sur un marché persan, dont le titre sera subtilement utilisé dans les paroles de la chanson 1977.

Presque aussi connu pour ses aventures amoureuses que ses succès musicaux, l’Homme à tête de chou a écrit de nombreuses chansons pour ses liaisons du moment, en plus de composer pour de nombreux artistes, notamment féminines.

Probablement la plus célèbre d’entre elles est Brigitte Bardot, qui partagera la vie du chanteur durant une brève période au cours des années 60 et pour qui il écrira Initials BB. Outre l’ode à la beauté de l’actrice, Gainsbourg s’inspire pour ce titre du premier mouvement de la Neuvième Symphonie du compositeur bohémien Antonin Dvorak. Il est fascinant alors d’observer comme la mise en paroles et l’arrangement musical peuvent modifier une musique tout en en préservant l’essence de l’air.

 

Pour celle qui a partagé sa vie pendant plus de douze ans, Serge aura aussi puisé de nombreuses références classiques pour étoffer un répertoire déjà riche. Dès 1969, il écrira Jane B pour Jane Birkin en s’inspirant du célèbre Frédéric Chopin avec le Prélude pour piano n°4. Mais c’est surtout avec Baby Alone in Babylone, sorti en 1983 que la ressemblance avec un titre classique est la plus évidente. Nous pouvons alors aisément retrouver les airs de la Symphonie n°3 de Johannes Brahms en toile de fond. Les airs d’opéra seront aussi sources d’inspiration puisque, toujours pour Jane, Gainsbarre s’inspirera du morceau Solveig’s song, tiré de la pièce de théâtre Peer Gynt, mise en musique par Edvard Grieg, pour composer en 1983, dans le prolongement de Baby Alone in Babylone, la chanson Lost song.

 

Une autre femme qui aura compté dans la vie de l’artiste sera sa fille Charlotte, pour qui il composera le pernicieux Lemon Incest en 1984. Le titre, qui choque par la thématique de l’inceste qui y est abordée, tire ses notes de l’Etude en Mi majeur n°3, op. 10 « Tristesse » du célèbre Frédéric Chopin.

 

Outre ces références musicales, Serge Gainsbourg a aussi transformé quelques poèmes pour en tirer les paroles de chansons, puisant ainsi dans ses références personnelles, aussi riches que variées, afin de créer des œuvres musicales complètes et singulières dans le paysage musical français.

À propos Grégory

« La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée ». Si déjà Platon en parlait ainsi, c’est que son importance pour l’Être Humain n’est plus à prouver. Tout le monde a par ailleurs déjà fait l’expérience de la musique dans sa vie. Elle accompagne la plupart de moments, qu’ils soient heureux ou pas, comblant nos périodes d’ennui comme de créativité les plus intenses. Durant mes études d’architecture, j’en ai moi-même fait l’expérience, et les nombreuses nuits passées au chevet de mes projets ont très souvent été accompagnées par la musique. De plus, avec la tendance des vinyles qui revient sur le devant de la scène, il me semblait intéressant de partager avec vous certaines anecdotes de ces aubades sorties depuis peu de nos greniers. Régalez-vous !

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