Critiques

« Les Misérables »: une peinture viscérale des banlieues

De court-métrage à film de notoriété il n’y a pas «qu’un pas» mais Ladj Ly l’a fait. Il en a d’ailleurs parcouru du chemin depuis son rôle de Sheitan en 2005. Aujourd’hui Les Misérables (qui devrait atteindre les 2 millions d’entrées), dépasse les frontières françaises et a tapé dans l’œil des prestigieux Oscars, pour lesquels il concourt dans la catégorie «Meilleur film international». 

Les Misérables, ça raconte quoi ?

La Brigade anticriminalité de Montfermeil dans le 93 intègre une nouvelle recrue, Stéphane, venu tout droit de Normandie. Ce sont Chris et Gwada qui font équipe avec lui et lui présentent la vie de quartier. Le «petit nouveau» découvre alors un monde insoupçonné. Lorsqu’une interpellation tourne au vinaigre, il est loin d’imaginer que sa carrière et sa vie tout entière vont prendre un tout autre tournant…

Notre avis

⭐⭐⭐⭐

Ladj Ly signe un polar réaliste absolument édifiant dont la puissance narrative n’a d’égal que la qualité visuelle. Nous n’avions pas vu cela depuis La Haine en 1995.

Le réalisateur casse les codes du manichéisme habituel avec une clairvoyance déconcertante. On ressort de la séance avec les joues un peu rouges, marquées par les quelques claques que l’on prend pendant une heure et quarante-deux minutes. Et il y a de quoi remettre en question notre image des banlieues, car on vous arrête tout de suite, quelle qu’elle soit, elle est sans doute loin de la réalité.

Les Misérables est une tragédie moderne, dont la dernière demie-heure à elle seule s’élève au rang des passages les plus incontournables du cinéma français.

D’après un interview accordée au Monde, Ladj Ly prépare déjà une suite, et même une trilogie.

«Ces territoires sont abandonnés par l’État, par les pouvoirs publics, et j’ai envie de raconter cela de l’intérieur. Le deuxième volet sera un biopic sur Claude Dilain, l’ancien maire socialiste de Clichy-sous-Bois, qui s’est tellement impliqué dans la ville, pour que les gens vivent mieux… Le troisième volet portera sur les années 1990.»

 

: très mauvais

⭐: mauvais

⭐⭐ moyen

⭐⭐⭐: bon

⭐⭐⭐⭐: très bon

⭐⭐⭐⭐⭐: excellent

À propos Thomas

Vous devinerez aisément quels sont mes trois passe-temps favoris, reste le troisième, l'écriture. C'est d'ailleurs cette combinaison qui a permis la naissance de ce magazine. Côté professionnel, je travaille pour un célèbre site d'actualité où je suis amené à définir une stratégie d'édition, de publication et de mise en avant d'articles de presse. Évidemment je ne suis qu'un relais et la petite voix de la création résonne toujours dans un coin de ma tête. C'est ce besoin d'écriture, de créer, qui m'a poussé à me lancer. Mais pour mener ce projet à bien et m'aider à maintenir le cap, il me fallait des thématiques qui me tiennent à cœur. D'où ce choix éditorial. Libre à vous désormais d'entendre mes avis, qui me sont propres, mais qui vous aideront peut-être où vous divertiront. J'espère pouvoir vous amener de belles découvertes ainsi que de beaux échanges.

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